Lorsque l’on parle de l’effet de serre, on pense principalement aux
émissions de gaz carbonique (CO2) par la combustion du pétrole, du gaz naturel
et du charbon. C’est en effet la principale source de gaz à effet de serre
(GES), puisqu’elle contribue pour 71%. Mais deux autres gaz – le méthane (CH4)
et le protoxyde d’azote (N2O) – y contribuent eux aussi. Deux gaz émis
principalement par l’agriculture (cf. annexe « Responsabilité de
l’agriculture dans les émissions de GES en France ») . Les préconisations du
Groupe d’experts Intergouvernemental sur l’Evolution du Climat (GIEC) si nous
ne voulons ne pas dépasser 2° d'ici 2050 sont de :
- diviser par 2 le gaz carbonique
- réduire de 30 % le méthane
- réduire de 30 % le protoxyde d’azote
en outre il ne faut pas trop dépasser certains seuils sinon le
changement sera irréversible.
Hors, le méthane et le protoxyde d’azote ont des effets à moyen terme
beaucoup plus important sur l’effet de serre que le gaz carbonique. Pour éviter
un pic d'émission, il faut gagner un maximum de réduction sur le court terme
pour ces deux GES. En France 23% des gaz à effet de serre (GES) sont dus à
l’agriculture et notamment l’agriculture intensive. Si on compte la
transformation, le transport et la distribution on arrive à près 33% du total
des émissions.
Comment en sommes-nous arrivés là ?
Jusqu'au début du XXe siècle la proportion de protéines végétales et de
protéines animales dans notre alimentation était respectivement de _ et de _.
Aujourd’hui, nous sommes arrivés à l’inverse. Pour deux raisons
principales :
- Sociologique. La viande rouge a été associée à un aliment des jours de
fête, des gens riches. Depuis que nous avons plus d'argent et que la viande est
devenue bon marché, nous en avons banalisé la consommation
- Pour des mauvaises raisons scientifiques. Jusqu'au milieu du XXe siècle, la
viande était assimilée à l’apport de fer dans notre alimentation
On sait aussi selon le type de viande (veau, bœuf, porc, poulet) qu’il faut
entre 5 à 15 fois plus de surface pour les produire par rapport à la production
de protéines végétales. Notre mode d'alimentation actuel n'est pas
généralisable et pas durable. Le problème, ce n'est pas de manger ou de ne pas
ne manger de la viande, c'est la place qu'elle tient dans nos repas par rapport
aux autres aliments. Aujourd'hui, la majorité des diététiciens sont d’accords
sur le fait qu'il faut manger une base végétale (céréales, légumineuses,
fruits) et la compléter avec des produits animaux pour être en bonne santé.
L’élevage industriel; une activité gourmande en énergie et en
ressource naturelle
A l’origine des problèmes environnementaux liés à l’élevage industriel on
trouve la concentration d'animaux sur une même exploitation, la manière dont on
les élève et on les nourrit. Les ruminants sont naturellement des herbivores
(mangeur d'herbes). Hors aujourd’hui, la production industrielle utilise très
peu d'herbe, surtout du maïs d'ensilage, des céréales, et des protéines (du
tourteau de soja, importé d'Amérique du sud) dans l’alimentation des animaux.
Les aides de la Politique Agricole Communes (PAC) européennes favorisent cette
logique productiviste. Une vache qui ne mange que de l'herbe produit entre 5000
et 6000 litres de lait par an, alors qu'avec des céréales, on arrive à 10 000
litres par an. Pour faire gagner 1,5 kg par jour à un bœuf, l'herbe ne suffit
pas.
Le périmètre de l'élevage s'est accru de façon exponentiel. Dans le monde,
33% des terres cultivées servent à produire les céréales qui sont destinées à
l'alimentation des animaux, en France, entre 40% et 50%. Si ces surfaces
étaient destinées à l’alimentation humaine on serait aujourd’hui en
sur-production. Avant que l'on se mette à fabriquer des viandes en quantité
industrielle les élevages en France étaient surtout concentrés en moyenne
montagne ou en zone humide sur des espaces où ne pouvait pousser que de
l'herbe. La polyculture étaient la règle; de l’élevage (vaches laitières)
auquel était associé une production végétale. Le rendement était garanti par le
fumier qui était utilisé comme fertilisant couplé à une rotation des cultures.
L'élevage de bovins en plaine pour la viande uniquement n'existait pas.
En outre, les animaux sont de mauvais transformateurs de protéines
végétales. Un bovin consomme 10 kg de protéine végétale pour fabriquer 1kg de
ses tissus, le porc c'est 4 à 5 kg de protéine végétale pour 1kg de viande. Un
steak de 150 g (issu d’une production intensive) dans l'assiette, et on
multiplie par 10 notre consommation d'eau de la journée. C'est principalement
l'eau qui a été utilisée pour arroser le maïs.
L’impact sur le réchauffement climatique
- 1/3 de l’effet de serre en France trouve son origine dans ce que nous
mettons dans notre assiette
- 1kg de viande produit entre 10 et 50 fois plus de gaz à effet de serre qu'
1kg de protéine issue de végétaux
La fabrication de l’azote de synthèse
C'est l'invention, avant les OGM agricole, qui a eu le plus de conséquences
dans la détérioration de l’environnement. C’est le facteur principal du
rendement dans les cultures : ⇒ plus besoin d'avoir d’animaux pour le
fumier d’où le développement de la monoculture
⇒ le développement de la monoculture a entraîné l’utilisation du désherbage
chimique
⇒ qui est la cause de la multiplication des parasites due au traitement
chimique
L’azote est présent dans 79% de la composition de l'air mais toutes les
plantes ne savent pas utiliser sous cette forme. Seules certaines bactéries
savent le faire, soit seules (fixateur libre), soit en symbiose avec les
plantes et notamment les légumineuses. Pour trouver l'azote nécessaire aux
plantes, avant que l'on fabrique chimiquement de l'azote (synthèse de l'azote
industrielle) il fallait :
- cultiver des légumineuses
- rendre au sol l'azote par les déjections et le fumier
Les GES et la fabrication de l’azote de synthèse
- il faut 1,4 tonne de pétrole pour fabriquer une tonne d'azote sous forme
d'engrais par combustion (d’où les émissions de CO2)
- les dérivés chimiques dans le processus de fabrication : ammoniaque,
nitrate, urée,... et au passage on fabrique du protoxyde d'azote qui s'échappe
dans l'air
- la terre qui est traitée avec ces engrais, émet plus de protoxyde d'azote,
normalement 1-2kg par hectare, dans l'agriculture intensive 2 à 3 fois
plus.
L’exemple le plus symptomatique des effets négatifs sur
l’environnement du cycle de l’azote : l’élevage de porc en
Bretagne.
On fixe de l'azote industriel pour faire de l'engrais (en utilisant du
pétrole), avec ces engrais on fait pousser des céréales, avec lesquels on
nourrit les porcs, qui produisent du lisier, qui sont eux-mêmes très riches en
azote qui retourne dans l’atmosphère après épandage.
Des propositions durables. Des pistes pour manger équilibré sans
nuire à notre environnement et ne pas favoriser le réchauffement climatique
:
- Composer des menus dans lesquels la part de protéines végétales est
majoritaire
- Consommer moins de viande, et produite localement, dans des exploitations
de moyennes montagnes, et « bio » si possible
- Composer des menus en fonction des saisons