Organisme génétiquement modifié ou manipulé.
Définition générale (académique):
est un organisme vivant (micro-organisme ou microbe, végétal, animal ) ayant
subi une modification non naturelle des caractéristiques génétiques initiales,
par ajout, suppression ou remplacement d'au moins un gène.
Définition des OGM agro-alimentaire, mais pas tous:
Plus succinctement, on appelle OGM tout organisme hébergeant un ou plusieurs
gènes provenant d'une espèce à laquelle il n'appartient pas. Cette deuxième
définition est souvent utilisée par les chercheurs pour dire qu'ils n'en sont
pas. Par exemple mettre un gène d'éléphant dans une bactérie ...
Toute opération conduisant à l'obtention d'un OGM est appelé transgenèse et l'OGM est également appelé organisme transgénétique.
L'amalgame entre les domaines d'application de la médecine et de l'agro-alimentaire, entretenu par les chercheurs et les pro-OGM est fallacieux.
OGM dans l'agro-alimentaire.
La différence fondamentale entre les "ogm agro-alimentaires" et les OGM confinés, utilisés en recherche fondamental, c'est que dans le cas des premiers nous consommons des organismes génétiquement modifiés alors que dans le second nous consommons ce qui est produit par l'OGM est qui n'est pas modifié dans sa nature.
Il y a deux grandes catégories OGM agro-alimentaires:
- 99 % d'OGM, les plantes à pesticides
- 1% restant, les plantes résistantes à des maladies virales
Les plantes à pesticides.
- Produit un insecticide permettant de résister à un insecte ravageur
Par exemple le maïs BT (il existe aussi Coton BT, Betterave BT,...) qui résiste aux insectes, par exemple le maïs qui résiste à la pyrale, c'est un papillon crépusculaire dont la chenille fait des dégâts dans la tige du maïs. Il se trouve qu'il y a une bactérie du sol (Bacillus Thuringiensis), elle a un gène qui détient le secret de fabrication des toxines (protéines tueuses) de l'insecte de la pyrale. Donc si on prend le gène de la bactérie qui produit cette protéine et qu'on le met dans le maïs celle-ci pourra fabriquer elle-même sont insecticide. Cette bactérie BT produit tout un ensemble de protéines insecticides (contre les agents pathogènes du coton, pyrale, ...) qui ont une plus ou moins large spécificité
- Permet d'absorber un herbicide sans être affecté (soja au Roundup, premier
qui a été fait)
Normalement quand une plante absorbe un herbicide elle meurt. Le roundup (principe actif le glyphosate) : herbicide à large spectre (agit sur toutes les espèces végétales). Pourquoi il est si efficace sur les plantes : il agit sur une l'enzyme végétale (l'EPSPS) nécessaire à la synthèse de protéines. Il est impliqué dans la fabrication des acides aminés qui produisent les protéines. Le roundup pénètre dans la plante pour se fixer sur l'enzyme EPSPS et ensuite il l'empêche de travailler. Le soja au Roundup c'est un soja ou l'on a modifié le gène qui fabrique l'enzyme EPSPS (c'est une protéine), du coup elle a une forme différente dans l'espace et elle ne peut plus fixer le Roundup. Donc l'enzyme EPSPS modifié du soja OGM peut continuer à travailler. Donc la plante va accumuler du Roundup dans ses tissus. La plante devient un pesticide.
Dans la recherche fondamentale. (le premier et le plus important en
quantité)
Deux grandes démarches en biologie moléculaire :
- j'ai un gène, identifié, et on sait pas à quoi il sert. On a pas la fonction. Quel est le secret de fabrication qu'il détient. La protéine ou les qu'il permet de fabriquer. Et quel est le rôle de ces protéines dans l'usine.
- inversement ou a une fonction (ou la perte de fonction) et on veut le gène.
Pourquoi on passe par les OGM ?
On part d'un lapin, on extraie l'ADN du lapin, un peu de sang ou de sperme, on
identifie un gène, et on se dit à quoi il sert ce gène ? On l'inactive, on
le remet dans l'animal et on regarde. Il faut pour inactiver le gène le sortir
du chromosome, pour ça on a de enzymes, des protéines, pour aller couper l'ADN.
On isole ainsi le gène. Le problème c'est qu'il faut maintenant l'inactiver, ça
se fait in-vitro. Il faut de grosses quantités de gène. On a pas d'autres
solutions que de le mettre dans une bactérie. D'où la bactérie génétiquement
modifiée. C'est une bactérie qu'on a naturellement dans notre intestin, un
microbe gentil, dans les laboratoires on en a en stock à -80°. Comme les
bactéries se multiplient toutes les demi heure à 37°, au bout de 10 heures on
2^10 bactéries avec le gène de lapin. Du coup on peut extraire le gène de lapin
en grosse quantité qu'on peut manipuler in-vitro et inactiver. Ce gène inactivé
on va le réintroduire à la place au niveau de l'embryon pour que toutes les
cellules aient le gène inactivé. Après on regarde les conséquences sur le
lapin, qui lui aussi est maintenant génétiquement modifié, puisqu'on a détruit
ou inactivé un gène naturel du lapin de façon artificiel ou par manipulation
humaine. Hormis le faite que cela la pose des problèmes éthiques cela fait
partie du débat sur les OGM mais qui ne sont pas les mêmes que les OGM
disséminés dans la nature.
OGM et Médecine.
Il y a de multiples exemples dans le domaine médical.
Soigner les diabètes par la fabrication d'insuline. Comme chacun fabrique cette
hormone en quantité dont il a besoin on ne peut pas les passer d'une personne à
une autre. Il fallait la chercher ailleurs, chez l'animal. On a eu le choix
entre le lapin et le cochon qui sont les animaux qui nous ressemblent le plus
biologiquement. Plutôt chez le cochon, parcequ'il y a très peu de maladies qui
se transmettent à l'homme, et surtout l'insuline de cochon et l'insuline
d'homme se ressemble comme deux gouttes d"eau, y'a qu'un acide aminé de
différence. Les chercheurs se sont dis que cela devait marcher, mais cela
posait deux problèmes:
- un problème d'approvisionnement, vu le nombre de diabétiques.
- mais la petite différence c'est avéré pas si anodine, les malades ont développé des allergies contre l'insuline de porc
La solution est venue de la transgénèse, technologie OGM.
On extraie l'adn du patient malade, cela fait trente ans que l'on a identifié
le gène de l'insuline humaine. On a coupé le gène de l'insuline. On a refait le
coup de la bactérie de l'intestin, sauf qu'au lieu de la cultiver dans 3 ml on
les cultive dans des fermenteurs de 200 litres,... Elles se reproduisent de
l'insuline humaine. On extraie ensuite l'insuline de la bactérie OGM. pour en
faire des médicaments. Ensuite on sait qui les consomment, à quelle dose et à
quelle fréquence. S'il y a des effets secondaires on saura que c'est dû au
médicament et on pourra intervenir. On ne consomme pas l'OGM mais la protéine
produite par l'OGM.
On nous dit que les OGM dans l'agriculture cela fait dix ans que les américains les consomment et qu'il ne s'est jamais rien passé. Sur quelle étude épidémiologique se base cette remarque ? On ne sait pas qui en consomment et en quelle quantité. Il faut avoir des gens qui en consomment et d'autres qui n'en consomment pas, et voir les différences. sur une échelle statistique suffisante.